L’entreprise française Jinnove présente le Mail Recommandé Électronique (MRE), une solution technique qui transforme un simple courriel en envoi certifié. Ce nouvel outil s’appuie sur les récentes évolutions du règlement européen eIDAS pour offrir une valeur probante identique au format papier.
Chaque année, les entreprises et administrations françaises expédient encore 150 millions de courriers recommandés sous forme papier. Ce volume représente environ 20 000 tonnes de CO2 et une consommation massive de ressources physiques. Pour répondre à ce défi environnemental et logistique, Jinnove déploie le Mail Recommandé Électronique. Ce dispositif permet de sécuriser les envois numériques avec une force juridique reconnue dans toute l’Union européenne.
Une preuve juridique opposable dans toute l’Europe
Le point fort de cette innovation réside dans sa conformité avec le cadre légal eIDAS. Contrairement à un mail classique, dont la valeur de preuve reste limitée en cas de conflit, le dispositif assure l’intégrité du contenu et l’identité des parties. Les documents ainsi transmis possèdent une validité totale devant les tribunaux des 27 États membres.
Gilles Catel, dirigeant de Jinnove, souligne cette avancée : « Grâce à la qualification eIDAS, notre solution MRE peut être présentée devant la justice à titre de preuve en cas de litige, et ce dorénavant dans les 27 états membres ». Cette reconnaissance mutuelle simplifie les échanges transfrontaliers, souvent complexes pour les directions juridiques ou les services bancaires qui gèrent des volumes importants de notifications officielles.
Une technologie souveraine intégrée aux outils quotidiens
Le système ne demande pas d’apprentissage complexe. Il se greffe directement sur les outils de travail existants, comme Outlook ou Gmail, ou s’utilise via une interface dédiée. Pour garantir la sécurité, le processus intègre des méthodes d’authentification modernes telles que le face matching ou France Identité. Les données ne transitent pas par des infrastructures étrangères, puisque l’hébergement reste strictement localisé sur le territoire national.
L’aspect technique repose sur un horodatage qualifié par l’ANSSI et un archivage probatoire garanti durant 10 ans. Pour renforcer la traçabilité, la société utilise la technologie blockchain. Cela crée une empreinte numérique inaltérable pour chaque envoi. Cette architecture assure une transparence totale sur le moment précis de l’expédition et de la réception du document.
Gain de productivité et impact environnemental
L’enjeu est aussi financier. Le coût d’un envoi numérique est environ 6 fois inférieur à celui d’une lettre recommandée physique. Outre l’économie directe sur les frais d’affranchissement, les utilisateurs gagnent en réactivité. Le traitement devient dix fois plus rapide. Cela exclut les délais de transport postal et les manipulations manuelles liées à la mise sous pli.
Sur le plan écologique, le passage au tout numérique pour un million d’envois permet d’économiser 1 000 tonnes de CO2. Ce projet, dont la commercialisation est prévue avant la fin de l’année, fait actuellement l’objet d’une campagne de financement sur la plateforme We Do Good. Il s’inscrit dans l’obligation pour les États membres d’adopter des systèmes de confiance interopérables d’ici janvier 2027.
Article basé sur un communiqué de presse reçu par la rédaction.
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