Anonymous est un organisation de pirates informatiques et d’activistes politiques. C’est celui qui est derrière quelques uns des actes des piratages informatiques les plus marquants de l’histoire.
Anonymous a commencé en tant que collectif en 2003 sur 4chan, un forum de discussion anonyme. Désigné comme étant une communauté de hacktivistes, ce groupe se fixe principalement comme objectif de défendre la liberté d’expression.
En bref,
- L’essence : né sur 4chan en 2003, sans hiérarchie ni leader, il défend la liberté d’expression via des attaques DDoS, du doxing et des manifestations masquées.
- Le tournant 2026 : les autorités ont changé de méthode — elles traquent désormais les cryptomonnaies (Chainalysis) pour désanonymiser les membres clés au moment de la conversion en argent réel.
- La réalité : le mouvement est fragmenté, des faux Anonymous (Sudan) brouillent l’image, mais des mobilisations restent possibles (Ukraine, Palestine, #FreeAI contre la tech).
Un collectif créé vers 2003
La date exacte de la création d’Anonymous reste à ce jour méconnue. Mais depuis 2003, le collectif a commencé à s’attribuer le mérite de divers piratages et attaques DDoS(attaques par déni de service distribué). Pour communiquer, les membres de la communauté ont établi des codes.
Lorsqu’ils apparaissent en public par exemple, ils arborent le masque de Guy Fawkes, personnage emblématique du film V pour Vendetta. Ce masque, garant de leur anonymat, apparaît pour la première fois lors des manifestations devant les sièges de l’Église de Scientologie en 2008. Ildevient à partir de la leur signature.
Anonymous revendique selon leurs termes la liberté d’expression et l’ouverture absolue d’Internet qu’ils poursuivent à travers des campagnes de piratage. Ils ont commencé à supprimer des articles sur des sites web qui, selon eux, remettent en question cette notion de liberté d’expression. La communauté pratique aussi régulièrement le doxing. Ce dernier consiste en fait à récolter les données personnelles de la cible avant de les exposer publiquement le plus largement possible.
Des attaques de plus en plus sophistiquées, du web à la rue
Anonymous s’attaque activement à des organisations qui, de leur point de vue, bafouent les valeurs fondamentales du groupe. L’Église de Scientologie, les gouvernements (celui d’Australie, d’Égypte, d’Iran et du Zimbabwe), les anti-LGBT, … ne sont qu’un aperçu de leurs cibles. Anonymous est connu pour être un groupe de hacktivistes.
Autrement dit, des activistes qui opèrent à travers des campagnes de hacking. Néanmoins, les membres sortent parfois de cette zone en organisant des raids, des manifestations, etc. Dans tous les cas, ces actions n’ont cessé de prendre de plus en plus d’ampleur. Voici quelques-unes de leurs actions.
Le raid de l’Hôtel Habbo
Sur le jeu en ligne Habbo Hotel (version française en 2004), les joueurs créent un avatar. En 2006, des rumeurs circulent : les modérateurs banniraient trop souvent les avatars noirs.
Le 12 juillet 2006, des utilisateurs du forum 4chan (futurs précurseurs de la culture Anonymous) lancent une opération de « trolling » massif. Ils envahissent les hôtels avec des avatars gris, coiffés afro, et bloquent l’accès à la piscine virtuelle. Ils spamment la phrase : « Pool’s closed due to AIDS » (La piscine est fermée à cause du SIDA). Cette action n’a aucun lien avec un vrai enfant ou un vrai parc. C’est une farce, justifiée ensuite par une accusation de racisme contre les modérateurs. Le raid est réitéré le 12 juillet 2007.
La guerre contre l’Église de Scientologie
En janvier 2008, une vidéo a fuité de l’Église de Scientologie. La vidéo, dans laquelle Tom Cruise proclame, en partie, que les scientologues sont les seuls experts de l’esprit, a été retirée par YouTube à la demande de l’Église de Scientologie.
Suite au retrait de la vidéo, les Anonymous ont riposté contre ce qu’ils considèrent comme de la censure sur Internet. Les informaticiens de la communauté auraient dégradé certains sites de l’église. D’autres ont été victimes d’attaques par déni de service. Il y a également eu des attaques de spamming.
Le groupe publie également une vidéo sur YouTube. Une voix synthétisée prononce la déclaration suivante : « Au fil des ans, nous vous avons observé, vos campagnes de désinformation, votre suppression de la dissidence, votre nature litigieuse.
Toutes ces choses ont attiré notre attention. Avec la fuite de votre dernière vidéo de propagande, l’étendue de votre influence malveillante sur ceux qui en sont venus à vous faire confiance en tant que dirigeants nous est clairement apparue.
Anonymous a donc décidé de détruire votre organisation, pour le bien de vos adeptes, pour le bien de l’humanité et pour notre propre plaisir.Ainsi, nous allons procéder à votre expulsion d’Internet et démanteler systématiquement l’Église de Scientologie sous sa forme actuelle. Nous sommes Anonymes. Nous ne pardonnons pas. Attendez-nous ».
Rupture avec WikiLeaks
Il semblerait que les hackers Anonymous ont contribué aux fuites dignes d’intérêt publiées sur le site WikiLeaks (telles que les caches d’emails de Stratfor). En 2010, le groupe de hacktiviste considère que WikiLeaks s’éloignait de sa conviction première. Anonymous dit être inquiet de la direction que prend WikiLeaks depuis un certain temps.
Au cours du dernier mois, l’attention s’est éloignée de plus en plus des fuites réelles et de la lutte pour la liberté d’information alors qu’elle se concentrait de plus en plus sur Julian Assange. Ce dernier n’est autre que le fondateur du site.
La participation au Printemps Arabe
Des profondeurs de l’univers geek, Anonymous a connu une ascension rapide et fulgurante jusqu’à devenir un catalyseur et un centre névralgique pour les révolutionnaires de la vie réelle. Avec des campagnes très médiatisées centrées sur les attaques par déni de service distribué (DDoS), la communauté est passée d’un groupe marginal de farceurs enfreignant la loi (avec les livraisons de pizzas à une fausse adresse par exemple) à un mouvement international qui attire de nouvelles recrues par milliers.
Au moment du Printemps Arabe, Anonymous était présent depuis le début. Les médias du monde entier ont mis du temps pour savoir qu’une révolution se préparait. Les Anons tunisiens ont collaboré avec leurs homologues internationaux à l’opération Tunisie. Celle-ci a été lancée le 2 janvier 2011, bien avant que la plupart des médias occidentaux ne sachent qu’une révolution se préparait.
Ils ont utilisé leur intelligence collective pour développer un script pour aider les Tunisiens à échapper à une vaste campagne de phishing menée par le gouvernement. L’opération Égypte, quant à elle, a été lancée le 25 janvier à la demande d’activistes égyptiens. Les Anons ont travaillé en collaboration avec Telecomix, un cluster qui utilise des moyens légaux pour promouvoir la liberté d’expression, pour restaurer des miroirs et des proxys pour aider à restaurer l’accès des Égyptiens aux sites censurés par le gouvernement.
Riposte contre la fermeture de Megaupload
En 2012, le démantèlement de Megaupload.com, l’un des plus grands sites Web de partage de fichiers au monde, a provoqué des représailles rapides du groupe. Pour contre-attaquer, Anonymous a lancé une série d’attaques en ligne contre des organismes gouvernementaux américains, dont le FBI et le ministère de la Justice. Les sites web de ces deux institutions ont notamment été supprimés.
Dans une série d’attaques, Anonymous avait également supprimé les sites de la Motion Picture Association of America (MPAA), de Warner Music Group, d’Universal Music et de la Recording Industry Association d’Amérique (RIAA). La restauration de certains d’entre eux a été rapide. Le groupe a certainement réagi à la fermeture de Megaupload, mais les attaques semblent aussi viser les organismes, dont la RIAA et la MPAA, qui ont soutenu les projets de loi « Stop Online Piracy Act ».
Soutien à Charlie Hebdo
Après l’attentat contre Charlie Hebdoen 2015, Anonymous avait diffusé une vidéo déclarant la guerre contre les responsables de la tuerie. Le groupe avait juré qu’il vengerait les innocents tués dans cette attaque terroriste.
Le groupe a notamment supprimé le site web islamiste ansar-alhaqq.net (bien que l’action n’ait pas été revendiquée par les Anons). La communauté avait également signalé des comptes Twiiter d’islamiste radicaux à travers la campagne #OpCharlieHebdo.
Les hacks les plus retentissants d’Anonymous
Depuis leur apparition dans le monde, les Anonymous font de plus en plus souvent parler d’eux. Découvrons-les ensemble.
2008 – Projet Chanology et attaque contre la Scientologie
En janvier 2008, Anonymous a lancé le « Projet Chanology » en réponse aux tentatives de l’Église de Scientologie de censurer une vidéo promotionnelle avec Tom Cruise. Le collectif a mené des attaques par déni de service (DDoS) contre les sites de l’Église, envoyé des fax noirs pour épuiser leurs ressources et organisé des manifestations mondiales devant leurs centres. Cette opération a marqué l’entrée d’Anonymous sur la scène internationale.
2010 – Représailles pour WikiLeaks
En 2010, après que des entreprises comme Amazon, PayPal, Visa et Mastercard ont cessé de soutenir WikiLeaks suite à la publication de câbles diplomatiques américains, Anonymous a lancé l’opération « Payback ». Le collectif a mené des attaques DDoS contre les sites de ces entreprises, perturbant leurs services en ligne en signe de protestation.
2011 – Conflit avec Sony
En 2011, suite aux poursuites de Sony contre le hacker George Hotz pour avoir jailbreaké la PlayStation 3, Anonymous a lancé des attaques contre les sites de Sony. Ces actions ont entraîné des interruptions de service, notamment sur le PlayStation Network, affectant des millions d’utilisateurs.
2012 – Défense de Megaupload
Après la fermeture de Megaupload par le gouvernement américain en 2012, Anonymous a réagi en lançant des attaques DDoS contre des sites gouvernementaux, dont ceux du FBI et du ministère de la Justice, ainsi que contre des sites de l’industrie du divertissement, en signe de protestation contre la censure en ligne.
2022 – Cyber-guerre contre la Russie
En réponse à l’invasion de l’Ukraine par la Russie en février 2022, Anonymous a déclaré une « cyber-guerre » contre le gouvernement russe. Le collectif a revendiqué des attaques contre des sites gouvernementaux russes, des médias d’État et des entreprises, divulguant des données sensibles pour soutenir l’Ukraine.
2024 – Attaques contre des infrastructures critiques
Dès le milieu de l’année 2023, les entreprises de cybersécurité Truesec et Mandiant exposent des soupçons de liens avec des intérêts russes. Mais en octobre 2024, le département de la Justice américain (DOJ) inculpe deux frères soudanais, Ahmed Salah Yousif Omer et Alaa Salah Yusuuf Omer, sans établir de preuve directe d’un commanditaire russe. L’hypothèse d’un false flag de Killnet n’est donc pas confirmée, même si des soupçons persistent.
Déclin des Anons et retour
L’infiltration du FBI en 2011 marque un tournant : LulzSec est démantelé, les membres deviennent plus méfiants, mais Anonymous reste actif sur la scène internationale.
En mai 2020, lors des manifestations après la mort de George Floyd, des vidéos relancent l’enthousiasme. Des comptes Twitter associés gagnent des millions d’abonnés. Des actions sont attribuées sur les réseaux sociaux au nom d’Anonymous, sans revendication formelle centralisée : détournement de scanners de police à Chicago, DDoS contre Minneapolis.
Aujourd’hui, Anonymous reste très fragmenté. La structure du collectif ne permet pas de mesurer son envergure réelle.. Cependant, le groupe continue d’annoncer des actions et d’émettre des avertissements via son site officiel et son compte Twitter.
Fin mai 2020, alors que les manifestations contre le meurtre de George Floyd commençaient, des informations ont commencé à circuler selon lesquelles le groupe de pirates informatiques anonymes était de retour.
Les rumeurs ont commencé avec une vidéo représentant une figure vêtue de noir dans le masque de Guy Fawkes. Le clip a suscité un regain d’enthousiasme pour Anonymous, notamment chez les jeunes. Les comptes Twitter associés au groupe ont vu une vague de nouveaux abonnés qui se comptent en millions.
Une reprise des actions ?
Une série de hacks a suivi la sortie de la vidéo. Les médias ont émis l’hypothèse que c’était Anonymous qui avait détourné les scanners de la police de Chicago les 30 et 31 mai. De même, lorsque le site web du département de police de Minneapolis a été la cible d’une attaque DDoS.
Les médias sociaux ont de suite attribué cette action à Anonymous. La page web d’une agence des Nations Unies a également été défigurée. Elle a été remplacée par un mémorial portant un symbole anonyme qui disait « Rest In Power, George Floyd ! ». Anonymous a encore une fois été cité par les médias.
Trois semaines plus tard, le 10 juin, une personne s’identifiant comme anonyme a divulgué des centaines de gigaoctets de fichiers de police internes de plus de 200 agences à travers les États-Unis. #BlueLeaks révèle surtout des pratiques de surveillance des manifestants et de désinformation interne ; il documente également des rapports d’incidents violents, même s’il n’apporte pas de preuves vidéo directes de violences policières.
Cependant, il a révélé que les forces de l’ordre locales et fédérales ont diffusé des informations erronées et exagérées aux policiers du Minnesota pendant les troubles de mai et juin. Et ils ont fait des efforts pour surveiller l’activité des manifestants sur les réseaux sociaux.
La structure du groupe ne permet pas d’identifier l’envergure actuelle de la communauté, ni même de confirmer son (in)existance. En tout cas, dans cette dernière vidéo, le narrateur conclut comme à l’habitude du groupe par cette phrase : « Nous sommes légion. Attendez-nous ».
Évolution des méthodes et technologies utilisées par Anonymous
Anonymous utilise toujours des services cryptés décentralisés (Matrix, Telegram). L’IA générative aide certains cybercriminels, par exemple pour du phishing plus crédible ou pour automatiser des scripts basiques.
En revanche, l’intelligence artificielle ne remplace pas l’expertise humaine complexe. La découverte de failles inédites (« Zero-Day ») repose encore sur des compétences pointues. L’IA est un outil, pas un remplacement.
Implication dans les conflits internationaux Récents
Anonymous continue de s’impliquer dans des conflits internationaux, comme ceux en Ukraine et en Palestine. Le groupe a mené plusieurs attaques DDoS et des défigurations de sites web liés à des infrastructures critiques dans ces régions. Ces actions visent à perturber les opérations et à attirer l’attention sur les injustices perçues par le groupe.
La réponse des États : la répression par le Traçage Blockchain
Face à cette reprise des activités en 2026, les gouvernements mondiaux ont changé de stratégie. Le FBI et Europol n’essaient plus d’infiltrer les forums de discussion. Ils utilisent désormais des intelligences artificielles de Traçage Blockchain (Chainalysis).
En analysant les portefeuilles de cryptomonnaies utilisés par les hackers pour louer discrètement les serveurs d’attaque (Botnets), les autorités parviennent aujourd’hui à désanonymiser les membres clés du réseau au moment où ils tentent de convertir leurs cryptomonnaies en argent réel. Ce qui a conduit à une vague d’arrestations discrètes début 2026.
Opérations de Haut-Profile
Anonymous a pris des mesures contre des entités gouvernementales perçues comme oppressives. En 2024, ils ont ciblé le gouvernement kényan en réaction aux manifestations « Occupy Parliament« . Aujourd’hui en 2026, leur cible principale (Opération #FreeAI) vise les grandes entreprises de la Tech qui, selon eux, tentent de monopoliser et de censurer le code source des intelligences artificielles mondiales..
Anonymous en 2026 : un mouvement fragmenté mais toujours présent
Certains observateurs estiment que le mouvement a perdu de sa cohérence citoyenne originelle. Pourtant, d’autres actions récentes (comme le soutien à l’Ukraine en 2022 ou les campagnes #OpRussia) montrent qu’une mobilisation est encore possible.
La réalité est nuancée : Anonymous reste fragmenté, mais son héritage contestataire n’a pas totalement disparu. Des groupes comme Anonymous Sudan ont utilisé le nom du collectif tout en étant liés à des intérêts géopolitiques étrangers, brouillant l’image du mouvement.
Killnet, un groupe hacktiviste pro-russe distinct, opère sous son propre nom sans usurper celui d’Anonymous.
FAQ
Oui, mais de manière plus dispersée. Des opérations de DDoS, défigurations de sites et fuites de données sont encore revendiquées. Les motivations incluent la liberté d’expression, la lutte contre la censure et le soutien à certaines causes géopolitiques.
Principalement via des forums sécurisés, des salons Telegram ou Matrix. Pas de processus formel. Toute personne partageant les idées et possédant des compétences techniques (ou simplement la volonté de participer à des actions de masse) peut rejoindre une opération.
Cependant, participer à une attaque DDoS ou à une défiguration de site est un délit pénal en France, puni de 5 ans d’emprisonnement et de 150 000 € d’amende (Code pénal, art. 323-2). Peine aggravée à 7 ans et 300 000 € si le système visé appartient à l’État ou en cas d’action en bande organisée.
Anonymous n’a pas de hiérarchie. Anonymous Sudan est un groupe distinct, dont deux ressortissants soudanais (Ahmed Salah Yousif Omer et Alaa Salah Yusuuf Omer) ont été inculpés par le DOJ en 2024 en tant qu’opérateurs présumés. Le DOJ n’a pas établi de preuve directe d’un commanditaire russe, bien que des soupçons de liens avec Moscou aient circulé.
Oui, régulièrement. Les arrestations se font via le traçage blockchain ou l’infiltration de forums. Mais la structure décentralisée rend impossible un démantèlement total.
Pour les entreprises : cybersécurité robuste (pare-feu, détection d’intrusion, sauvegardes). Pour les particuliers : suivez les bonnes pratiques de l’ANSSI (Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information) et consultez le portail gouvernemental Cybermalveillance.gouv.fr. Évitez de provoquer le collectif en ligne et ne participez jamais à des actions illégales.
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